Vous êtes habile de vos mains et soucieux de protéger vos pairs ? Boosté par les préoccupations croissantes pour la sécurité des bâtiments, le marché de la serrurerie ne cesse de croître au fil du temps. Selon une étude de Global Market Insights, sa croissance devrait atteindre 6,9 % entre 2025 et 2034. Le chiffre d’affaires s’établit à 5,8 milliards de dollars en 2024, à l’échelle mondiale. Ce domaine de la ferronnerie propose d’excellentes opportunités d’avenir grâce à l’évolution technologique des systèmes de sécurité (serrures connectées, portes blindées). Voici ce qu’il faut savoir pour réussir votre reconversion et devenir serrurier.
Le serrurier est un professionnel du verrouillage qui façonne les serrures et les clés grâce à différents métaux. En fonction de ses missions de fabrication ou d’entretien des systèmes de sécurité, nous pouvons distinguer deux types de spécialités dans ce domaine.
Le serrurier-métallier est un constructeur par excellence. Avec l’aide d’un menuisier, il dessine et façonne les pièces métalliques nécessaires aux mécanismes des ouvertures du bâtiment (porte ou fenêtre). Les serrures et les clés qui les verrouillent ou les déverrouillent sont les pièces les plus classiques que l’on peut trouver dans le milieu.
Mais sa ferronnerie d’art s’exprime également dans la protection des personnes contre les risques de tomber le vide. Il pose les garde-fous pour les balcons, les passerelles ou les ponts. Malgré la fonction utilitaire des rambardes ou des grilles pour les clôtures, cela n’empêche pas l’artisan du BTP de veiller à leur esthétisme. Il les décore avec des volutes ou des feuilles en fer forgé (Onisep).
Le serrurier-dépanneur intervient lorsque son client ne peut plus entrer ou sortir de son habitat. Les raisons les plus classiques sont les suivantes :
Avec ses différents outils, il perce la serrure pour la remplacer ou il la crochète selon plusieurs méthodes. Lorsqu’il ne déverrouille pas l’accès au bâtiment, le serrurier-dépanneur s’occupe d’installer ou de réparer différents équipements pour renforcer la sécurité. Il peut s’agir de rideaux métalliques, de volets roulants ou de systèmes de domotique pour ouvrir ou fermer les portes à distance. Les interphones et les digicodes font également partie de ses prestations (Onisep).
Les offres de missions dans le domaine de la serrurerie sont nombreuses et diversifiées. La présence d’un serrurier sur un chantier est primordiale pour assurer la sécurité des futurs occupants du bâtiment. Sa maîtrise des métaux lui permet de travailler en collaboration avec plusieurs professionnels du BTP (Manpower) :
En plus de la réparation ou de la rénovation de serrures anciennes, le métier s’adapte aux nouvelles technologies de sécurité. Le serrurier s’occupe d’installer des systèmes électroniques (digicodes, alarmes, etc.) pour compléter ses offres de portes blindées ou de grilles de protection. Ces produits bénéficient d’une demande de plus en plus croissante, notamment depuis l’adoption de la loi « anti-squat » du 27 juillet 2023. Selon l’article de l’usine nouvelle, le fabricant Eliot a multiplié sa production et ses ventes de portes blindées par sept.
Comme d’autres artisans du BTP, le serrurier doit composer avec des horaires contraignants. La complexité de ses tâches, ou du chantier de manière générale, peut l’amener à travailler d’astreinte au cours de la nuit, des weekends ou des jours fériés.
Le travail est reconnu comme physique et éprouvant. Dans son atelier ou sur les chantiers, le serrurier reste debout ou accroupi pendant de longues heures. Le découpage des métaux et l’installation des systèmes de sécurité l’exposent à certains dangers, comme la poussière de chantier ou les nuisances sonores.
Véritable orfèvre de la mécanique, le serrurier se distingue avec une précision sans faille. Non seulement les serrures doivent être uniques, mais les outils qu’il utilise sont à manier avec beaucoup de précautions. Il s’agit principalement de perceuse, poinçonneuse, tronçonneuse à disque ou de machine à souder (La Construction).
Néanmoins, ses techniques artisanales tendent à se moderniser avec de nouveaux outils. Nous pouvons citer la découpe laser, l’impression 3D de certaines pièces ou l’utilisation de logiciels de DAO (Dessin Assisté par Ordinateur). Tous ces moyens servent à fabriquer des pièces métalliques avec une précision de plus en plus optimisée.
Sa minutie se retrouve également dans l’élaboration des plans ou des schémas de la serrure. Il connait les propriétés des différents métaux, comme l’acier, le fer, l’aluminium, le cuivre, le laiton ou le bronze. Au-delà de ses croquis, le serrurier exprime son côté artistique pour personnaliser les rambardes métalliques.
Les positions inconfortables l’obligent à maintenir une bonne forme physique. Il doit se tenir prêt à tout moment pour intervenir en cas d’urgence chez un particulier ou sur un chantier. Grâce à ses connaissances en isolation phonique, en électronique ou en étanchéité, il collabore avec d’autres artisans du BTP pour réussir le chantier. Grâce à son sens relationnel, il se tient à l’écoute de ses clients et de ses collègues.
La formation pour devenir serrurier est relativement courte. Que ce soit en formation initiale ou en formation continue, les parcours possibles sont les suivants (Hellowork) :
La profession de salariée en serrurerie est règlementée. Il est nécessaire de suivre une des formations mentionnées ci-dessus. SI vous n’avez aucun diplôme, la justification d’au moins 3 années d’expérience est obligatoire pour créer son entreprise de serrurerie. La validation d’un Stage de Préparation à l’Installation (SPI) est également nécessaire auprès de votre Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA) (Legal Place).
Après quelques années d’expérience, un serrurier peut évoluer en chef de chantier ou conducteurs de travaux. En suivant des formations complémentaires, il peut se spécialiser dans des domaines très recherchés comme :
En développant son réseau professionnel dans le BTP, un serrurier salarié peut changer de statut et devenir entrepreneur dans le bâtiment. Selon les données de la Capeb, 2 324 entreprises de serrurerie jusqu’à 10 salariés ont été créées en 2021.
Selon les données de Batiactu, un serrurier débutant commence avec un SMIC, soit 1 245 € net mensuel. Sa rémunération évolue en fonction de ses années d’expérience et de sa position géographique. En effet, un serrurier en Île-de-France gagne plus qu’en province à cause du cout de la vie et des moyens financiers des clients.
Toujours d’après Batiactu, le serrurier peut gagner jusqu’à 26 215 € brut annuel au bout de 10 ans d’expérience. Si vous vous déclarez en tant qu’entrepreneur, cette rémunération a de bonnes chances d’atteindre 3 000 € par mois, net et mensuel. Ce niveau s’acquiert à condition de disposer d’un bon réseau de clients et de partenaires.
Le métier de serrurier est plein d’avenir grâce aux innovations technologiques et aux besoins croissants en sécurité. Sa polyvalence l’amène à s’occuper non seulement de la fabrication, mais également du dépannage et de l’entretien des serrures. Malgré les contraintes physiques, cette profession s’adresse aux personnes soucieuses de la sécurité et de la minutie.
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