Article publié le 5 août 2026
Les incendies survenus en France durant l’étĂ© 2026 ont montrĂ© qu’une entreprise du BTP peut voir son activitĂ© interrompue mĂŞme si ses locaux ne sont pas directement touchĂ©s par les flammes. Batirama recense notamment des chantiers arrĂŞtĂ©s, des installations interdites d’accès, des difficultĂ©s d’approvisionnement et des salariĂ©s mis Ă l’arrĂŞt. Tous ces facteurs peuvent suffirent Ă dĂ©sorganiser l’activitĂ© de l’entreprise.
Pour limiter les conséquences, trois priorités s’imposent : protéger les salariés, déclarer rapidement le sinistre et mobiliser les garanties et dispositifs de soutien réellement applicables.
Avec l’augmentation de la frĂ©quence et de l’intensitĂ© des sĂ©cheresses et des vagues de chaleur, le risque de feu de forĂŞt et de vĂ©gĂ©tation s’étend progressivement Ă de nouveaux territoires. Quelles aides financières après un incendie peuvent soutenir une entreprise du BTP ? Assurance, activitĂ© partielle ou reports de cotisations existent, mais leur efficacitĂ© dĂ©pend de la prĂ©paration de l’entreprise avant le sinistre.
Après un incendie, une entreprise du BTP peut bĂ©nĂ©ficier de plusieurs dispositifs de soutien, Ă condition d’agir rapidement et de justifier prĂ©cisĂ©ment l’impact du sinistre. Avant de solliciter ces aides, l’employeur doit d’abord protĂ©ger les salariĂ©s et prĂ©server les documents essentiels. Dans un second temps, il organise la continuitĂ© des chantiers afin de limiter les pertes d’exploitation.
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Solution |
Interlocuteur | Condition essentielle | Nature |
| Garantie incendie | Assureur | Dommage couvert par le contrat | Contractuelle |
| Pertes d’exploitation | Assureur | Garantie souscrite et événement couvert | Contractuelle |
| Activité partielle | Administration du travail | Arrêt ou impossibilité de maintenir l’activité | Publique |
| Délais de paiement | Urssaf / services fiscaux | Difficultés liées au sinistre | Publique |
| Aide du CPSTI | Urssaf | Travailleur indépendant éligible | Sociale |
| Mesures PRO BTP/CIBTP | Organisme concerné | Dispositif exceptionnel ouvert |
Temporaire |
La première source d’indemnisation reste le contrat d’assurance de l’entreprise. Selon France Assureurs, une garantie pertes d’exploitation peut compenser une partie de la baisse du chiffre d’affaires pendant l’interruption de l’activitĂ©.
Un contrat multirisque professionnel peut couvrir les locaux, le matériel et les stocks, mais il ne garantit pas automatiquement tous les biens ni tous les usages de l’entreprise. Les véhicules, les engins de chantier et les pertes d’exploitation doivent faire l’objet de garanties adaptées, intégrées au contrat ou souscrites séparément selon les cas.
Bon à savoir : lorsqu’un dommage résulte d’un incendie de forêt et que le non-respect des obligations légales de débroussaillement est établi, l’assureur peut appliquer, en plus des franchises prévues au contrat, une franchise supplémentaire pouvant atteindre 5 000 euros. Cette condition figure dans l’article L 122-8 du Code des assurances.
Il est important de distinguer un incendie de forĂŞt du rĂ©gime des catastrophes naturelles. Dans la majoritĂ© des cas, ce sont les garanties « incendie » du contrat qui s’appliquent. Le rĂ©gime « Cat Nat » concerne des phĂ©nomènes spĂ©cifiques et suppose la publication d’un arrĂŞtĂ© interministĂ©riel (article L 125-1 du Code des assurances). Les incendies de forĂŞt relèvent en principe des garanties incendie et non du rĂ©gime Cat Nat.
Les mesures exceptionnelles annoncées après les incendies de l’été 2026 ne sont pas automatiques. Elles concernent certaines entreprises situées dans les zones sinistrées ou évacuées et dépendent des conditions fixées par chaque organisme.
Lorsque le sinistre entraĂ®ne un arrĂŞt ou un ralentissement de l’activitĂ©, plusieurs dispositifs peuvent complĂ©ter l’indemnisation de l’assurance. Selon sa situation, l’entreprise peut notamment :Â
Les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI), les organisations professionnelles (FFB, CAPEB, FNTP), les Chambres de Métiers et de l’Artisanat, ainsi que les conseillers départementaux aux entreprises en difficulté, peuvent orienter les entreprises sinistrées vers les dispositifs applicables à leur situation.
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Après les incendies de l’été 2026, PRO BTP a annoncé des mesures exceptionnelles pour certaines entreprises situées dans les zones sinistrées ou évacuées. Y figurent l’annulation d’un mois de cotisations, la suppression des pénalités et majorations de retards et un accompagnement personnalisé. De plus, le groupe a mobilisé un fonds de secours de 5 millions d’euros pour les particuliers sinistrés ou évacués. Ce fonds ne constitue pas une aide directe à la trésorerie des entreprises.
Le réseau CIBTP a également mis en place, à titre dérogatoire, un dispositif temporaire permettant la prise en charge de certains arrêts de chantier au titre du chômage intempéries. Il concerne notamment les entreprises dont le chantier ou le siège est situé dans un département soumis à des évacuations, des interdictions d’accès ou des restrictions de circulation liées aux incendies. L’éligibilité doit être vérifiée auprès de la caisse CIBTP compétente.
Informations vérifiées au 4 août 2026. Les mesures exceptionnelles peuvent être modifiées, prolongées ou supprimées ; leur disponibilité doit être confirmée auprès de l’organisme concerné.
La rapiditĂ© d’obtention de ces aides dĂ©pend en grande partie de la qualitĂ© du dossier transmis. L’inventaire du matĂ©riel endommagĂ©, les justificatifs comptables et l’estimation des pertes d’exploitation facilitent l’instruction des demandes.
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Une fois les Ă©quipes mises en sĂ©curitĂ©, l’entreprise doit dĂ©clarer rapidement le sinistre Ă son assureur, dans les dĂ©lais prĂ©vus par le contrat. Lors de catastrophes exceptionnelles, ces dĂ©lais peuvent ĂŞtre prolongĂ©s par les assureurs ou les pouvoirs publics. Il est nĂ©anmoins prĂ©fĂ©rable d’agir sans attendre afin de faciliter l’intervention de l’expert.
Après avoir pris les mesures conservatoires indispensables Ă la sĂ©curitĂ©, rassemblez les Ă©lĂ©ments permettant d’Ă©valuer prĂ©cisĂ©ment les dommages : photographies, vidĂ©os, inventaire du matĂ©riel sinistrĂ©, factures, contrats de location et devis de rĂ©paration. Conservez, dans la mesure du possible, les biens dĂ©tĂ©riorĂ©s jusqu’au passage de l’expert et Ă©vitez d’engager des rĂ©parations non urgentes avant l’accord de l’assureur. Pensez Ă©galement Ă documenter les consĂ©quences sur l’activitĂ© (arrĂŞt de chantier, dĂ©pĂ´t inaccessible, pertes d’exploitation) dans une Gestion Électronique des Documents (ou GED).
PrĂ©venez rapidement le maĂ®tre d’ouvrage, le maĂ®tre d’Ĺ“uvre, les clients, les sous-traitants et les fournisseurs concernĂ©s. Cette communication permet de rĂ©organiser les chantiers et de limiter les retards. Un incendie, une Ă©vacuation ou une interdiction administrative d’accès peut conduire l’entreprise Ă demander une suspension ou une prolongation du dĂ©lai d’exĂ©cution. Cette adaptation n’est pas automatique : elle dĂ©pend des circonstances, des clauses du marchĂ© et du respect des procĂ©dures de notification prĂ©vues au contrat.
Lors d’un incendie majeur, les salariĂ©s peuvent ĂŞtre exposĂ©s aux fumĂ©es, aux particules fines ou Ă une dĂ©gradation importante de la qualitĂ© de l’air. L’employeur doit alors réévaluer les risques en fonction des consignes diffusĂ©es par les autoritĂ©s locales et des indices de qualitĂ© de l’air.
Selon la situation, le Ministère du Travail et des Solidarités recommande de mettre en œuvre plusieurs mesures. L’employeur doit suivre les consignes des autorités locales, surveiller la qualité de l’air, limiter les déplacements et les efforts physiques en extérieur et privilégier le télétravail pour les fonctions qui le permettent. La nécessité d’une protection respiratoire doit être évaluée en fonction de la nature de l’exposition et des recommandations des services compétents.
Au-delĂ des effets de l’incendie lui-mĂŞme, la reprise des travaux impose Ă©galement de rester vigilant face aux risques rĂ©siduels. Des arbres fragilisĂ©s, des rĂ©seaux endommagĂ©s, des sols instables ou des matĂ©riaux ayant subi de fortes tempĂ©ratures peuvent compromettre la sĂ©curitĂ© des intervenants. Une inspection prĂ©alable du chantier reste indispensable avant toute reprise d’activitĂ©.
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Lors d’un incendie majeur, les flammes ne sont pas toujours la principale cause des difficultĂ©s rencontrĂ©es par les entreprises du BTP. Les restrictions d’accès et les Ă©vacuations peuvent suffire Ă interrompre plusieurs chantiers pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Batiactu cite l’exemple du groupe Tout Faire, qui a subi la fermeture de trois agences Fabien MatĂ©riaux car ces dernières se trouvaient dans le pĂ©rimètre d’exclusion. Les coupures de rĂ©seaux ou les perturbations des approvisionnements peuvent s’ajouter Ă ces contraintes et compliquer la poursuite de l’activitĂ©.
La gestion du risque ne consiste pas seulement à prévenir les départs de feu. Elle vise également à limiter leur propagation, à protéger les salariés et les biens, puis à organiser la continuité et la reprise de l’activité. L’employeur doit ainsi chercher à réduire les interruptions, à limiter les pertes d’exploitation et à faciliter une reprise rapide des travaux.
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Le plan de continuitĂ© d’activitĂ© (PCA) doit notamment prĂ©ciser les chantiers Ă maintenir en prioritĂ© ; les personnes habilitĂ©es Ă prendre les dĂ©cisions ; les prestataires ou partenaires pouvant ĂŞtre mobilisĂ©s ; la localisation des vĂ©hicules, engins et matĂ©riels indispensables. Le guide CAPEB-OPPBTP peut servir de trame pour formaliser cette organisation.
Cette préparation évite de perdre un temps précieux lorsque chaque heure compte. Elle facilite également les échanges avec les clients, les partenaires et les assureurs pendant la période de reprise.
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Une entreprise peut remplacer un véhicule ou louer un nouvel engin. En revanche, la perte de ses documents administratifs et techniques peut retarder durablement la reprise des chantiers.
Il est donc recommandé de conserver une copie sécurisée des principaux documents :
Une Gestion Électronique des Documents (GED) hébergée sur une infrastructure distante et disposant de sauvegardes régulières permet de conserver l’accès aux documents lorsque les bureaux ou le dépôt deviennent inaccessibles. Elle facilite aussi la transmission rapide des pièces aux clients, aux experts d’assurance et aux administrations.
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Selon l‘INRS (Institut National de Recherche et de SĂ©curitĂ©), les travaux par points chauds reprĂ©sentent 30 % des origines d’un incendie dans l’entreprise. Soudage, meulage, dĂ©coupage, Ă©tanchĂ©itĂ© au chalumeau ou utilisation d’une flamme nue doivent faire l’objet de mesures de prĂ©vention adaptĂ©es et, si nĂ©cessaire, d’un permis de feu.
Ce permis permet de vérifier plusieurs points essentiels :
Cette dĂ©marche reste pertinente tout au long de l’annĂ©e, mais elle prend une importance particulière lors des Ă©pisodes de sĂ©cheresse ou de vent fort.
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La prĂ©paration repose aussi sur les Ă©quipes. Chaque salariĂ© doit connaĂ®tre les consignes d’Ă©vacuation, savoir comment signaler un dĂ©part de feu et identifier les personnes Ă contacter en cas d’urgence. L’article R4227-38 du Code du travail prĂ©cise les informations qui doivent figurer dans la consigne de sĂ©curitĂ© incendie.Â
Une organisation claire limite les hĂ©sitations dans les premières heures suivant le sinistre. Elle facilite ensuite les dĂ©marches administratives et les Ă©changes avec les partenaires. L’entreprise peut ainsi mobiliser les dispositifs d’aide financière et les procĂ©dures d’indemnisation si elle est victime d’un incendie majeur.
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Un incendie majeur peut mettre Ă l’arrĂŞt une entreprise du BTP en quelques heures. Si les assurances et les aides financières permettent d’attĂ©nuer les consĂ©quences Ă©conomiques, leur efficacitĂ© dĂ©pend de la gestion du risque de l’entreprise. Centraliser les documents de chantier, assurer leur traçabilitĂ© et disposer d’informations accessibles Ă tout moment facilitent aussi bien les dĂ©marches d’indemnisation que la reprise des travaux.Â
En centralisant les documents et les informations de chaque chantier, Techtime aide les entreprises du bâtiment à conserver une organisation claire et à retrouver plus rapidement les éléments utiles à la reprise de leur activité et aux échanges avec l’assureur ou l’expert.