Article publié le 20 août 2026
Construire un bâtiment performant ne se limite pas à poser un isolant qui répond aux critères. Sur une construction neuve soumise à la RE2020, l’étanchéité à l’air de l’enveloppe contribue aux performances énergétiques, au confort des occupants et au bon fonctionnement de la ventilation. Le test d’infiltrométrie mesure la perméabilité à l’air du bâtiment et aide à localiser les défauts susceptibles d’entraîner des travaux de reprise.
L‘infiltrométrie mesure les infiltrations d’air parasites à travers l’enveloppe d’un bâtiment afin de vérifier son niveau d’étanchéité. Dans les bâtiments concernés par la RE2020, elle permet de vérifier que la perméabilité à l’air de l’enveloppe respecte la valeur réglementaire ou la valeur retenue dans l’étude énergétique. Réaliser un test intermédiaire et assurer une bonne coordination des corps d’état permettent de limiter les reprises et de sécuriser la réception des travaux.
L’infiltrométrie, également appelée test d’étanchéité à l’air, consiste à mesurer les infiltrations d’air non maîtrisées à travers l’enveloppe d’un bâtiment. Pour une mesure réglementaire, un opérateur autorisé par le ministère chargé de la Construction installe une porte soufflante (Blower Door) afin de mettre le bâtiment en dépression ou en surpression. Cette différence de pression permet de quantifier les fuites d’air parasites, exprimées par le coefficient Q4Pa-surf. Le coefficient Q4Pa-surf correspond au débit de fuite d’air rapporté à la surface des parois déperditives, hors plancher bas, pour une différence de pression de 4 Pa. Il constitue l’indicateur réglementaire de la perméabilité à l’air de l’enveloppe.
Contrairement à une idée reçue, ce test ne mesure pas la qualité de l’isolation thermique. Un bâtiment peut être parfaitement isolé tout en présentant une mauvaise étanchéité à l’air. Les infiltrations parasites réduisent alors l’efficacité de l’isolation, augmentent les besoins de chauffage ou de climatisation et génèrent des consommations énergétiques inutiles. Elles peuvent également perturber le fonctionnement du système de ventilation et favoriser des transferts d’humidité susceptibles d’entraîner de la condensation dans certaines parois. Ces phénomènes sont largement documentés par le Cerema, qui souligne l’impact d’une mauvaise étanchéité à l’air sur les performances énergétiques et la durabilité du bâtiment.
A contrario, une bonne étanchéité à l’air améliore le confort des occupants. Elle limite les courants d’air, réduit les sensations de parois froides et permet au système de ventilation de fonctionner conformément aux hypothèses de conception. Le renouvellement de l’air est ainsi mieux maîtrisé, préservant la qualité de l’air intérieur et limitant les risques de condensation dans les parois.
En pratique, la fiabilité du résultat repose sur un protocole de mesure adapté et sur un matériel correctement dimensionné. Le niveau obtenu dépend ensuite directement de la continuité de l’étanchéité à l’air réellement exécutée sur le chantier. Les fuites se concentrent fréquemment au niveau de points singuliers qui nécessitent la vigilance de plusieurs corps d’état.
La RE2020 impose de justifier la perméabilité à l’air de l’enveloppe selon des modalités qui dépendent de l’usage du bâtiment. Pour les bâtiments d’habitation, la valeur peut être obtenue par une mesure ou par une démarche qualité conforme à la réglementation. Pour les bâtiments à usage autre que l’habitation, hors immeubles de grande hauteur et hors bâtiments dont la surface de référence dépasse 3 000 m², la valeur est obtenue par mesure. Les seuils maximaux applicables sont fixés par l’article 19 de l’arrêté du 4 août 2021, dans sa version en vigueur depuis le 1er mai 2026.
Les seuils réglementaires de perméabilité à l’air sont fixés dans le tableau ci-dessous :
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Type de bâtiment neuf concerné |
Q4Pa-surf maximal |
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Maison individuelle ou accolée |
0,60 m³/(h.m²) |
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Bâtiment collectif d’habitation |
1,00 m³/(h.m²) |
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Bureaux, enseignement primaire ou secondaire, médiathèques et bibliothèques, enseignements atypiques, bâtiments universitaires d’enseignement et de recherche, hôtels, établissements d’accueil de la petite enfance, restaurants, vestiaires seuls, établissements sanitaires avec hébergement, établissements de santé et établissements sportifs – hors IGH et hors bâtiments dont la surface de référence est supérieure à 3 000 m² |
1,70 m³/(h.m²) |
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Commerces, aérogares, bâtiments industriels ou artisanaux – hors IGH et hors bâtiments dont la surface de référence est supérieure à 3 000 m² |
3,00 m³/(h.m²) |
Ces seuils correspondent à l’article 19 de l’arrêté du 4 août 2021 dans sa version en vigueur depuis le 1er mai 2026. Les IGH et les bâtiments dont la surface de référence est supérieure à 3 000 m² ne relèvent pas de ces seuils génériques. Les constructions temporaires implantées pour une durée n’excédant pas quatre ans sont exclues de l’article 19.
Au-delà du respect de ces valeurs, l’infiltrométrie constitue surtout un révélateur de la qualité d’exécution sur le chantier. Ce sont souvent l’accumulation de petites fuites et un manque de coordination entre les entreprises qui expliquent un résultat insuffisant.
En pratique, un test non conforme entraîne généralement une recherche des infiltrations, des travaux correctifs puis une nouvelle mesure. Ces reprises peuvent allonger le planning de chantier et générer des coûts supplémentaires, d’où l’intérêt d’anticiper les points sensibles avant les finitions.
Les fuites d’air apparaissent principalement au niveau de quelques points singuliers de l’enveloppe du bâtiment. Leur traitement conditionne directement le résultat du test d’infiltrométrie. Les guides techniques du Cerema, du CSTB et les retours d’expérience des professionnels mettent en évidence quatre zones particulièrement sensibles.
Les menuiseries extérieures constituent une première zone sensible. Un joint mal réalisé, un dormant insuffisamment calfeutré ou un coffre de volet roulant mal traité peuvent créer des infiltrations importantes. Ces défauts passent parfois inaperçus jusqu’au test final.
Les traversées de parois constituent également une source fréquente de fuites. Le pourtour des gaines électriques, canalisations sanitaires, conduits et autres réseaux qui traversent le plan d’étanchéité doit être traité avec une solution adaptée au support et au système constructif. À défaut, les jeux laissés autour de ces passages deviennent des voies d’infiltration d’air.
Les équipements électriques intégrés dans les parois donnant sur l’extérieur ou sur un volume non chauffé nécessitent une vigilance particulière. Lorsque les gaines, les sorties de câbles ou les boîtiers traversent le plan d’étanchéité, leur mise en œuvre doit en assurer la continuité. La solution retenue doit être compatible avec la paroi et avec les prescriptions du système constructif.
Enfin, les jonctions entre les différents éléments de la structure constituent des zones particulièrement exposées. Il peut s’agir des raccords entre les murs et les planchers, liaisons avec la toiture, angles de murs ou interfaces entre plusieurs matériaux. Une membrane légèrement déchirée ou un adhésif mal appliqué peut suffire à dégrader la performance globale du bâtiment.
Les points suivants figurent parmi les défauts les plus fréquemment détectés lors des tests d’infiltrométrie :
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Défaut |
Conséquence |
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Traversée de gaine |
Fuite d’air parasite |
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Coffre de volet roulant |
Infiltration d’air |
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Jonction entre les parois |
Perte d’étanchéité |
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Boîtier électrique |
Rupture locale de l’étanchéité à l’air |
Ces défauts ne relèvent pas toujours d’un seul métier. La continuité de l’étanchéité dépend souvent de plusieurs interventions successives. Menuisiers, plaquistes, plombiers, électriciens et chauffagistes interviennent successivement sur l’enveloppe du bâtiment. La réussite d’un test d’infiltrométrie dépend donc moins d’un lot en particulier que de la collaboration entre artisans du BTP. Un résultat insuffisant peut provenir d’une fuite importante, mais aussi de l’accumulation de nombreuses infiltrations plus limitées, laissées sans traitement au fil du chantier.
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Métier |
Points à contrôler avant masquage |
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Menuisier |
Calfeutrement périphérique, dormants, seuils, coffres de volets roulants |
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Électricien |
Boîtiers encastrés, gaines, passages entre volumes chauffés et non chauffés |
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Plombier / chauffagiste |
Traversées de canalisations, évacuations, conduits et rebouchages |
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Plaquiste / isolateur |
Continuité des membranes, adhésifs, raccords et déchirures |
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Charpentier / couvreur |
Jonctions murs-toiture, trappes, passages en combles et interfaces de matériaux |
L’infiltrométrie ne devrait jamais être perçue comme un examen final, mais comme un véritable outil de pilotage de la qualité. Plus les contrôles sont réalisés tôt, plus les corrections sont simples à mettre en œuvre et moins elles impactent le planning.
Contrairement au test réglementaire réalisé en fin de chantier, le test intermédiaire n’est pas obligatoire. Il constitue néanmoins une bonne pratique largement recommandée par les professionnels de l’étanchéité à l’air. En effet, il permet de détecter les fuites avant qu’elles ne soient masquées par les doublages ou les finitions.
Le test intermédiaire peut notamment être organisé à la fin du clos-couvert, lorsque les menuiseries sont posées et que l’enveloppe peut être mise en pression. Le moment exact doit être choisi de façon à contrôler les membranes et les traversées de réseaux avant qu’elles ne soient masquées par les doublages ou les finitions. À ce stade, les membranes d’étanchéité et les principaux points sensibles restent accessibles, facilitant les recherches de fuite et limitant le coût des reprises.
Le portail officiel RT-RE Bâtiment précise qu’un test non réglementaire peut notamment être réalisé à la fin du clos-couvert afin de repérer et de corriger plus facilement les défauts avant la livraison. Contrairement à la mesure réglementaire finale, ce contrôle intermédiaire ne doit pas obligatoirement être effectué par un opérateur autorisé.
Si des infiltrations sont détectées, les entreprises concernées peuvent intervenir immédiatement. Les réparations peuvent alors se limiter à la reprise d’un joint, au traitement d’une traversée de gaine ou au remplacement d’un adhésif défectueux. À l’inverse, une fuite découverte uniquement lors du test final peut imposer la dépose de plaques de plâtre, la réouverture de doublages ou la reprise d’ouvrages déjà terminés.
Le test intermédiaire ne remplace donc pas le contrôle réglementaire. Il permet simplement d’aborder ce dernier avec beaucoup plus de sérénité.
L’étanchéité à l’air repose aussi sur la capacité à démontrer ce qui a été réalisé sur le chantier. Une fois les doublages posés, il devient difficile d’identifier l’origine d’une fuite ou de déterminer quel intervenant est concerné.
Une bonne pratique consiste à photographier systématiquement les points sensibles avant leur masquage :
Dans Techtime, les photographies peuvent être associées aux activités du chantier, horodatées et commentées. Les documents utiles restent centralisés dans la Gestion Électronique des Documents (GED) et accessibles aux intervenants autorisés. En cas de non-conformité, cette traçabilité facilite les recherches de fuite et accélère les reprises. Les équipes disposent d’un historique précis des ouvrages réalisés, limitant les investigations inutiles et réduisant les délais de correction.
Les bâtiments de grande taille peuvent faire l’objet d’une mesure de perméabilité à l’air à l’aide d’équipements et de protocoles adaptés. Le mesureur doit vérifier que son dispositif est compatible avec le volume du bâtiment et avec l’objectif réglementaire ou technique de l’intervention.
Le bâtiment doit, en principe, être mesuré dans son ensemble. Une mesure par parties n’est possible que si le mesureur justifie que la mesure globale ne peut pas être réalisée : présence de zones aérauliquement disjointes, application de plusieurs objectifs de perméabilité ou impossibilité d’assurer une pression uniforme dans tout le bâtiment. L’intégralité du bâtiment doit néanmoins être mesurée afin de déterminer la valeur globale de Q4Pa-surf.
Prenons l’exemple d’une maison individuelle soumise à la RE2020. Un test intermédiaire révèle une infiltration d’air au niveau d’un coffre de volet roulant. Grâce à la mise en dépression du bâtiment, l’origine de la fuite est rapidement localisée. Le menuisier reprend l’étanchéité du coffre avant la pose des doublages, puis la correction est photographiée et enregistrée dans le suivi du chantier.
Quelques semaines plus tard, la mesure réglementaire confirme que la perméabilité à l’air de l’enveloppe respecte le seuil applicable. Aucune dépose de plaques de plâtre n’a été nécessaire et la réception des travaux peut être maintenue à la date prévue. Ce type d’intervention illustre tout l’intérêt d’une démarche anticipée : traiter les défauts lorsqu’ils sont encore visibles permet de limiter l’ampleur et le coût des reprises après la réalisation des finitions.
La première étape consiste à localiser l’origine des infiltrations. Lors de la mesure, l’opérateur peut recourir à différents moyens de détection, notamment une caméra thermique lorsque les conditions s’y prêtent, de la fumée traceuse ou un anémomètre, afin d’identifier les défauts d’étanchéité. Cette recherche permet de cibler les zones nécessitant une reprise et d’éviter des interventions inutiles.
Une fois les fuites localisées, il convient d’identifier le lot ou l’intervention concerné, sans en déduire automatiquement la responsabilité juridique d’une entreprise. Menuiseries extérieures, traversées de réseaux ou équipements électriques : chaque défaut doit être rattaché à la zone et aux travaux correspondants afin d’organiser les reprises avec les entreprises concernées.
Les réparations doivent être réalisées avant la fermeture des doublages ou la remise en état des finitions, lorsque cela reste possible. Cette organisation limite les déposes, réduit les coûts et évite d’allonger inutilement le planning du chantier.
Il est recommandé de photographier chaque correction, d’en préciser l’emplacement et d’indiquer l’entreprise ayant effectué la reprise. Cette traçabilité facilite le suivi des interventions et les échanges entre les différents corps d’état.
Une fois les travaux correctifs achevés, une nouvelle mesure réglementaire permet de vérifier que la valeur Q4Pa-surf respecte désormais le seuil applicable. Elle atteste la conformité de la perméabilité à l’air de l’enveloppe, sans constituer à elle seule une attestation de conformité globale du bâtiment à la RE2020.
Lorsque la perméabilité à l’air doit être justifiée par une mesure, la réglementation impose que le résultat respecte le seuil applicable. L’organisation de la recherche des fuites, des reprises et de leur traçabilité relève ensuite des entreprises et de la conduite du chantier.
Avant de programmer un test d’infiltrométrie, vérifiez que les principaux points sensibles ont bien été contrôlés. Cette check-list récapitule les vérifications à effectuer sur les menuiseries, les traversées de réseaux, les jonctions et les autres points singuliers afin de réduire le risque de non-conformité.
Téléchargez gratuitement la check-list de contrôle de l’étanchéité à l’air.
De nombreuses non-conformités peuvent être évitées grâce à des contrôles réalisés tout au long du chantier. Voici les principales erreurs à éviter :
L‘infiltrométrie est bien plus qu’un contrôle réglementaire. Elle permet de vérifier la perméabilité à l’air de l’enveloppe et de détecter les défauts qui pourraient pénaliser les performances du bâtiment. Sa réussite dépend avant tout de la qualité d’exécution, de la coordination entre les corps d’état et de l’anticipation des points sensibles.
En intégrant un test intermédiaire, en documentant les ouvrages avant leur masquage et en assurant un suivi rigoureux des corrections, les entreprises limitent les reprises et réduisent le risque de non-conformité lors de la mesure finale. Une solution de suivi de chantier comme Techtime facilite cette traçabilité en centralisant les photographies horodatées, les observations, les documents et les tâches de suivi jusqu’à la réception des travaux. Découvrez comment Techtime facilite le suivi des points sensibles et la traçabilité de vos chantiers.
Lors d’un incendie majeur, les salariés peuvent être exposés aux fumées, aux particules fines ou à une dégradation importante de la qualité de l’air. L’employeur doit alors réévaluer les risques en fonction des consignes diffusées par les autorités locales et des indices de qualité de l’air.
Selon la situation, le Ministère du Travail et des Solidarités recommande de mettre en œuvre plusieurs mesures. L’employeur doit suivre les consignes des autorités locales, surveiller la qualité de l’air, limiter les déplacements et les efforts physiques en extérieur et privilégier le télétravail pour les fonctions qui le permettent. La nécessité d’une protection respiratoire doit être évaluée en fonction de la nature de l’exposition et des recommandations des services compétents.
Au-delà des effets de l’incendie lui-même, la reprise des travaux impose également de rester vigilant face aux risques résiduels. Des arbres fragilisés, des réseaux endommagés, des sols instables ou des matériaux ayant subi de fortes températures peuvent compromettre la sécurité des intervenants. Une inspection préalable du chantier reste indispensable avant toute reprise d’activité.
Lors d’un incendie majeur, les flammes ne sont pas toujours la principale cause des difficultés rencontrées par les entreprises du BTP. Les restrictions d’accès et les évacuations peuvent suffire à interrompre plusieurs chantiers pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Batiactu cite l’exemple du groupe Tout Faire, qui a subi la fermeture de trois agences Fabien Matériaux car ces dernières se trouvaient dans le périmètre d’exclusion. Les coupures de réseaux ou les perturbations des approvisionnements peuvent s’ajouter à ces contraintes et compliquer la poursuite de l’activité.
La gestion du risque ne consiste pas seulement à prévenir les départs de feu. Elle vise également à limiter leur propagation, à protéger les salariés et les biens, puis à organiser la continuité et la reprise de l’activité. L’employeur doit ainsi chercher à réduire les interruptions, à limiter les pertes d’exploitation et à faciliter une reprise rapide des travaux.
En savoir plus sur comment assurer la sécurité des chantiers.
Le plan de continuité d’activité (PCA) doit notamment préciser les chantiers à maintenir en priorité ; les personnes habilitées à prendre les décisions ; les prestataires ou partenaires pouvant être mobilisés ; la localisation des véhicules, engins et matériels indispensables. Le guide CAPEB-OPPBTP peut servir de trame pour formaliser cette organisation.
Cette préparation évite de perdre un temps précieux lorsque chaque heure compte. Elle facilite également les échanges avec les clients, les partenaires et les assureurs pendant la période de reprise.
Une entreprise peut remplacer un véhicule ou louer un nouvel engin. En revanche, la perte de ses documents administratifs et techniques peut retarder durablement la reprise des chantiers.
Il est donc recommandé de conserver une copie sécurisée des principaux documents :
Une Gestion Électronique des Documents (GED) hébergée sur une infrastructure distante et disposant de sauvegardes régulières permet de conserver l’accès aux documents lorsque les bureaux ou le dépôt deviennent inaccessibles. Elle facilite aussi la transmission rapide des pièces aux clients, aux experts d’assurance et aux administrations.
Selon l‘INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité), les travaux par points chauds représentent 30 % des origines d’un incendie dans l’entreprise. Soudage, meulage, découpage, étanchéité au chalumeau ou utilisation d’une flamme nue doivent faire l’objet de mesures de prévention adaptées et, si nécessaire, d’un permis de feu.
Ce permis permet de vérifier plusieurs points essentiels :
Cette démarche reste pertinente tout au long de l’année, mais elle prend une importance particulière lors des épisodes de sécheresse ou de vent fort.
La préparation repose aussi sur les équipes. Chaque salarié doit connaître les consignes d’évacuation, savoir comment signaler un départ de feu et identifier les personnes à contacter en cas d’urgence. L’article R4227-38 du Code du travail précise les informations qui doivent figurer dans la consigne de sécurité incendie.
Une organisation claire limite les hésitations dans les premières heures suivant le sinistre. Elle facilite ensuite les démarches administratives et les échanges avec les partenaires. L’entreprise peut ainsi mobiliser les dispositifs d’aide financière et les procédures d’indemnisation si elle est victime d’un incendie majeur.
Un incendie majeur peut mettre à l’arrêt une entreprise du BTP en quelques heures. Si les assurances et les aides financières permettent d’atténuer les conséquences économiques, leur efficacité dépend de la gestion du risque de l’entreprise. Centraliser les documents de chantier, assurer leur traçabilité et disposer d’informations accessibles à tout moment facilitent aussi bien les démarches d’indemnisation que la reprise des travaux.
En centralisant les documents et les informations de chaque chantier, Techtime aide les entreprises du bâtiment à conserver une organisation claire et à retrouver plus rapidement les éléments utiles à la reprise de leur activité et aux échanges avec l’assureur ou l’expert.